jeudi 30 août 2007

LES CHAUVES SOURIS

Les chauves-souris sont des chiroptères
Chiro ... quoi ?
Chiroptères ...
Je connais les coléoptères
Je connais les hélicoptères
Il y a aussi les ptérodactyles
Ptère signifie aile
Chiro, en Grec, signifie main


Les chiroptères sont des animaux dont les doigts,très allongés
sont réunis par une membrane qui forme l’aile


Mais, chiroptère renvoie à chiromancie et voilà pourquoi, peut être,
la chauve-souris est associée à la magie, à la sorcellerie
Et les dames porteront la main à leur chevelure ...


Mais, chauves-souris ?
D’abord elles ne sont pas chauves
Tout au moins je n’en ai vu aucune qui le soit
Souris ?
Certaines seraient plutôt musaraignes tant elles sont petites
C’est le cas de la pipistrelle que l’on voit chez nous
papillonnant dans les jardins














Par contre la roussette des régions tropicales a plutôt la taille
Et l’aspect d’un petit fox-terrier
D’un chiuahua
D’un petit renard
Museau pointu
L’oeil en escarboucle
Grandes oreilles dressées
La fourrure douce et rase


Certaines sont insectivores
Je connais mieux celles qui se nourrissent de fruits
Elles passent au crépuscule
en silence
Avec un ample battement d’ailes lent
Ombres au clair de la lune
D’un vol très sûr et à peu près indifférent
Dans les cocotiers
Les manguiers
Les papayers
On les entend parfois couiner de satisfaction
A moins qu’elles ne bavardent entre elles, tout simplement
A l’aube elles repartent vers les grands arbres où elles couchent


















Coucher ?
Non, elles se suspendent aux branches d’un arbre mort
Tête en bas
Par centaines ou par milliers
Elles replient leurs ailes de satin jusqu’à se cacher les yeux
On dirait de petits sacs noirs
Elles dormiront toute la journée
A peine babillant de temps en temps.


Mais les vampires ?
Les vampires, ça existe, c’est vrai, ils sucent le sang
ça existe ...
Au Brésil !










16.07.07

DÉSIRS

Aux pages de garde les espaces liquides, toujours immobiles, et chauds ...
Figures d'ébène, et boîtes d'écaille à la fois
Aux fronts des éléphants, médailles de noires étoiles
Que restera-t-il des rideaux de perles,martinets aigus aux persiennes mi-closes ?


O ! Les senteurs des tabacs de Havane !
Dans l''herbe bleue du petit matin, les arcs-en-ciel, sous nos pas ...
Et chantèrent, asservies, les vagues, sous nos implacables mécaniques
Mais nos pieds furent nus aux cailloux des chemins
Nous avons tracé nos miroitants sillages,
Promenant l'extrémité de nos doigts sur les bords des abimes


Et palpé
Renversant les présumées idoles
Les odeurs de ciel et d'océan


Nos yeux noyés d'ombre et remplis de lumière
Nous guidaient aux voies invisibles calculées
Que restera-t-il de notre quête ?


Au bout de nos sillons éphémères, et surgissant de nos lointains oublis,
Nous avons, du centre de la terre, arraché la pierre indiscutable
Nous l'avons équarrie,
Encore à la recherche de nous-mêmes


C'est là que fleurissait la mandragore !
Au large les océans, toutes bornes versées !
Devant nous les océans, devant, les vastes étendues !


Dressée
L'obélisque présumée de nos pensées indéchifffrables
Puis nous avons nous-mêmes, autour de nos thorax, noué les turgides racines du figuier


Mais nous portions au ventre la marque de nos origines


Nos ovations, nos prières et nos plaintes, à quoi bon ?
Qu'importent nos cris de poivre et de piment ?
Et que sont devenus
Les triangles de nos idées ?
Vos siècles balançant, qu'importe, syncopes de nos yeux fatigués ...
L'humus échauffé grouille de germes étranges


Décrites
Et tout à tour perdues
Que deviendront nos stèles héroïques, gravées d'authenticité ?


Le pouviez-vous ?
Aux heures immobiles, ma bouche est close, et ma paume fermée ...



28.04.82

CARAVELLE

Le son de l'océan
Sourd
Dis-moi
Dis-moi maintenant
La sapotille
Et la cannelle encore


A ta lèvre poivrée
Menthe
Je sais le scarabée
D'or


Demoiselle palpite
Sacre
A la nervure bleue
Nacre
Du réseau temporal


Dis-moi
Dis-moi maintenant
La sapotille
Et la cannelle encore ...

LA GENÈSE

L'attente sais-tu
Sans un mât
Sans un bruit
Sans un souffle la mer
Bleu profond vert
Longs cingles blancs
Et le soupçon
D'un dos basculant
Luisant


Frétillement filant frénétique


Et
Sorti du néant
Mouvant
Gonflant
Nuage sur la mer
D'oiseaux grêlant
De dards de vif-argent
La mer crépitant
Et fuseaux d'acier bleu


Comme pierres les chutes
D'oiseaux noirs et blancs
Criant
Tisons emportés
De mort la vie jaillit
Lambeaux
Et le ciel déchiré


Ton sang
Battant
Cingles sur la mer
Sans un souffle la mer
Et le ciel dans la mer
Et l'angoisse


Diffuse
Dans la mer la lumière
Sur la mer
Dans l'eau le ciel
Glacis d'argent
Un voile au loin ligne longue


Un oiseau
Seul
Rectiligne vol d'oiseau


Mais sais-tu l'attente
Coeur serré d'orage
Un voile au loin ligne longue ...

UNE SI LONGUE ABSENCE

Pour aimer les fleurs
Vraiment
Il faut les avoir vu faner
Puis sur les mêmes tiges
En voir d'autres s'éveiller


Mais toi, voyageur
Si la fleur éclose
N'est jamais la même
De quoi te plains-tu ?


En un si long voyage
Jamais la même aurore
Après semblable nuit


Les blés moissonnés
N'ont jamais repoussé
La feuille tombée
N'a pas été remplacée


En un voyage au si long cours
Tant de soleils ont brillé
Tant d'étoiles ont glissé
Les visages rencontrés
N'étaient jamais les mêmes


As-tu pris le temps d'un arrêt
Pour mûrir
Une amitié ?


On dit adieu
Souvent
A ceux qu'on aurait pu aimer
Adieu
Sans prendre le temps
De mûrir un bonjour


En un voyage au si long cours
Le bateau qui appareillait
Ne revenait jamais
Et celui qui rentrait
N'était jamais celui qu'on avait vu partir


On n'a pas vu vieillir les filles
Les vieillards
On ne les a pas vu mourir


Sourires de Bangkok
Et frangipaniers
Saris de Kandi
Et fleurs du lotus
Femmes de Komono
Fleurs du balisier


Matins froids du Québec
Lourdes pluies du Laos
Dans ma mémoire le volcan
ne se calmera jamais
Le cyclone n'aura point de fin
Le Mékong coulera
Toujours large et boueux
La Loire resera épuisée
Et le Congo
Couvert de jacinthes


Et passe le temps ...


Me voici revenu
Flots froids de mon enfance
Pins secs
Sables veloutés
Et la blanche maison
Tout près du vieux clocher ...


"C'est toi, René
Et ta femme Marie ?
Comme ta fille lui ressemble
A la Marie d'autrefois ! "

LA DERNIÈRE RAME

De Hâvre-Caumatin
A l'Opéra
Tropique du Cancer
Le Hâvre un beau matin
La brume et la lumière


De Hâvre-Caumartin
A l'Opéra
Bora-Bora


Les hâvres et les ports
Et les feux et les forts
Les signaux et les phares
Les trompes carillons
Les bouées
Les pavillons
Le Hâvre-Caumartin ...




La Porte
S'il vous plaît !




décembre 1983

TANNA (VANUATU)

Chevaux fous
Sur la mer
Blonde et bleue
Fauves fous
Herbe feu


Calme palme
Blanche et bleue
Le mont fumant
Le goéland
D'argent


Fente des paupières cousues
Corail éblouissant
Plage ardente et noire
Moutons marins
Madrépores
Morts
Fluctuantes écharpes
Des poissons émaillés


Tourmaline
Roucoule tourterelle
Sombre serre
Fruits pesants
Pendus
L'arène au soleil
De cendre et d'argent
Le taureau qui dort
Torte-pieds deux arbres morts
Bulle bleue du lac
Les yeux
Les cieux
Femme-flamme
Yodelis de joie
Les chevaux
Fauves-fous ...